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Accident nucléaire

Qu’est-ce qu’un incident ou un accident nucléaire ?

Il s’agit d’un incident ou d’un accident pouvant conduire à un rejet d’éléments radioactifs à l’extérieur des conteneurs et enceintes prévus à cet effet
 
Une échelle internationale a été établie pour caractériser les incidents et accidents nucléaires. Il s’agit de l’échelle INES (de l’anglais International Nuclear Event Scale). 
Les événements de niveaux 1 à 3, sans conséquence significative sur les populations et l’environnement, sont qualifiés d’incidents, ceux des niveaux supérieurs (4 à 7), d’accidents. 
Le septième et dernier niveau correspond à un accident dont la gravité est comparable à la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl survenue le 26 avril 1986.
 
Les effets radiologiques résultent du rejet dans l’environnement de particules radioactives à des concentrations telles qu’elles sont susceptibles d’entraîner des effets sur la santé par inhalation, ingestion, ou contact cutané. Les effets peuvent être immédiats en cas d’irradiation aigüe (lésions cutanée ou des organes) ou différés en cas d’irradiation chronique (cancers, leucémies, effets tératogènes et reprotoxiques…).
 

Plan national «Accident nucléaire ou radiologique majeur ».

Pour réagir plus efficacement à tout accident, le Gouvernement a également décidé d’élaborer un plan national d’intervention, qui permettrait de répondre à des situations d’urgence de toutes natures.

Le plan publié le 3 février 2014 complète les mesures des plans particuliers d’intervention existant déjà pour prendre en compte des hypothèses qui nécessiteraient une réponse de l’Etat au niveau national. Il vise également à renforcer la sécurité de la population en cas d’accident grave survenant hors de nos frontières et répond à l’éventualité d’accidents de transport de matières radioactives, y compris en mer.

Ce plan a été élaboré sous l’égide du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, par l’ensemble des ministères, mais aussi l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et l’ASND (Autorité de sûreté nucléaire défense), l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, expert des pouvoirs publics, ainsi que les trois exploitants EDF, le CEA et AREVA. La gestion d'une crise nucléaire nécessite la participation et la coordination de tous les acteurs, chacun dans son doamine de responsabilité.

Pour en savoir plus, consultez :

- la synthèse du plan national "Accident nucléaire ou radiologique majeur"

- le plan national "Accident nucléaire ou radiologique majeur"

- les fiches mesures du plan "Accident nucléaire ou radiologique majeur"

Comment un accident nucléaire peut-il survenir ?

  • Lors d’accidents de transports. De nombreuses sources radioactives intenses sont quotidiennement transportées par route, rail, bateau, voire avion, comme c’est le cas pour les aiguilles à usage médical contenant de l’irridium 192.
     
  • Lors de leur utilisation. Les radioéléments sont utilisés dans le monde industriel et médical. C’est le cas des appareils de soudure ou de radiographie. 
     
  • Lors d’un dysfonctionnement grave sur une installation nucléaire. Il peut s’agir d’un réacteur d’une centrale de production d’électricité ou d’un réacteur dévolu à la recherche.


 

 

Exemples historiques

Le 11 mars 2011 : Fukushima (Japon) un séisme puis un tsunami provoquent la perte de l'ensemble des moyens d'alimentation électrique et de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. Ceci provoque la fusion du coeur de trois réacteurs de cette centrale, conduisant à d'importants rejets radioactifs dans l'environnement. Les populations sont immédiatement évacuées dans un rayon de 20 km et les sols sont durablement contaminés dans une zone de plusieurs centaines de km2 . Les conséquences sanitaires sont encore en cours d'évaluation. L'accident a été classé au niveau 7 de l'échelle Ines par les autorités japonaises. A la suite de cette catastrophe, le Gouvernement a jugé indispensable d’en tirer tous les enseignements, à la fois pour renforcer la prévention et pour réagir plus efficacement face à tout évènement. Il a élaboré le plan national «Accident nucléaire ou radiologique majeur » sous l’égide du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, par l’ensemble des ministères, mais aussi l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et l’ASND (Autorité de sûreté nucléaire défense), l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, expert des pouvoirs publics, ainsi que les trois exploitants EDF, le CEA et AREVA. Ce plan a été publié le 3 février 2014. Consultez la synthèse du plan  "Accident nucléaire ou radiologique majeur". Consultez les fiches mesures du plan "Accident nucléaire ou radiologique majeur"

Décembre 1999 : incident de la centrale nucléaire du Blayais en France. La tempête Martin de décembre 1999 provoqua l'inondation d'une partie de la centrale du Blayais située près de la ville de Blaye en Gironde : Les installations des réacteurs 1 et 2 ainsi que deux circuits de sauvegarde ont été touchés. Le dispositif d'aspersion qui permet de faire baisser la température en cas d'accident était également hors d’usage. L'incident a été classé au niveau 2 sur l'échelle INES.
Suite à la tempête, l'ASN ( Autorité de Sureté Nucléaire) a demandé à EDF de prendre des engagements pour renforcer la protection du site contre l’inondation ainsi que la réalisation de travaux . Dans son rapport annuel 2007, l'ASN considère globalement satisfaisante la sûreté nucléaire de la centrale du Blayais.

Le 30 septembre 1999, à Tokaimura, (Japon), dans une usine de fabrication de combustible nucléaire, une explosion s’est produite par suite d’une erreur de manipulation consécutive à un non-respect des procédures provoquant, suite aux irradiations subies par le personnel, un décès et deux irradiés graves. L’accident est classé au niveau 4 sur l’échelle INES.

Le 13 septembre 1987à Goiana (Brésil) un appareil de radiothérapie abandonné dans une clinique désaffectée est récupéré par un ferrailleur. La source de 137Cs (Césium 137) en est extraite et ouverte, la poudre de césium se répand dans l’environnement : quatre personnes sont décédées, dix durent subir des interventions chirurgicales. La contamination fut dispersée dans une bonne partie de l’agglomération. Cet accident a été classé au niveau 5 sur l’échelle INES.

Le 26 avril 1986, explosion puis incendie dans l’un des réacteurs du complexe russe de Tchernobyl : zone contaminée de façon irrécupérable sur 30 km autour de la centrale ; 32 morts à court terme ; intervention de 600 000 " liquidateurs " pour arrêter les incendies et la réaction nucléaire ; 135 000 personnes évacuées. 3,7 millions de personnes continuent à vivre dans les zones contaminées à un niveau jugé acceptable par les autorités ukrainiennes. Augmentation du nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants d’un facteur compris entre 30 et 100 dans certaines zones. Traces de radioactivité détectées et encore présentes dans la plupart des pays européens. Le niveau 7 sur l’échelle INES est atteint.

Textes réglementaires

Le préfet du département sur lequel est établie l’installation est le responsable de l’organisation de l’intervention et des secours hors du site nucléaire en cas d’accident. Il coordonne l’action des préfets des départements voisins qui peuvent être impliqués dans la gestion de la crise.
 
Les ministères et les autres services de l’Etat concernés par la gestion d’une crise nucléaire s’organisent pour conseiller le préfet sur les mesures à prendre pour protéger la population, notamment en lui fournissant les informations et avis susceptibles de lui permettre d’apprécier l’état de l’installation, l’importance de l’incident ou de l’accident, et les évolutions possibles. Les principaux ministères et services de l’Etat concernés par la gestion d’une crise nucléaire sont les suivants :
 
  • Le ministère de l’Intérieur : la Direction de la sécurité civile (DSC) qui dispose du Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC) et de la Mission d’appui à la gestion du risque nucléaire (MARN), pour la mise à la disposition du préfet de moyens de renfort matériels et humains pour la sauvegarde des personnes et des biens
     
  • Le ministère chargé de l’Industrie qui coordonne la communication au plan national en cas d’incident ou d’accident affectant une installation nucléaire relevant de sa tutelle, ou se produisant au cours d’un transport de matières nucléaires
     
  • Le ministère chargé de la Santé qui coordonne l’information sur les conséquences sanitaires de l’accident et les mesures de protection sanitaire contre les effets des rayonnements ionisants, le suivi de la prise en charge médicale et psychologique, ainsi que l’organisation du suivi épidémiologique des populations, en lien avec les acteurs concernés
     
  • Le SGDSN ( Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale), assurant le secrétariat du CICNR (Comité Interministériel aux Crises Nucléaires ou Radiologiques) : il est chargé de veiller à la cohérence interministérielle des mesures planifiées en cas d’accident et de veiller à la planification d’exercices et à leur évaluation
     
  • L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui assure le contrôle de la sûreté des installations nucléaires, avec l’appui technique de l’IRSN, assure le recueil et la synthèse d’informations en vue d’assurer les notifications et informations prévues par les conventions internationales traitant de l’information des pays tiers en cas de situation d’urgence radiologique.
     
A l’étranger
 
Pensez à vous informer auprès de l’ambassade ou du consulat le plus proche de sa résidence des consignes éventuellement émises ou des mesures prévues pour la sécurité de la communauté française.