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InondationComprendre le phénomène

Qu’est-ce qu’une inondation ?

L’inondation est une submersion temporaire par l’eau de terres qui ne sont pas submergées en temps normal. Cette notion recouvre les inondations dues aux crues Crue Une crue est une augmentation de la quantité d’eau (le débit) qui s’écoule dans la rivière. de rivières, des torrents de montagne et des cours d’eau intermittents méditerranéens ainsi que les inondations dues à la mer dans les zones côtières. L’inondation est un phénomène naturel qui constitue une menace susceptible de provoquer des pertes de vie humaine et le déplacement de populations. Elle peut également nuire à l’environnement et compromettre gravement le développement économique. C’est la catastrophe la plus fréquente : la moitié des catastrophes naturelles mondiales sont des inondations. Certaines sont liées à des phénomènes qui se renouvellent chaque année comme la mousson. D’autres à des circonstances météorologiques particulières, comme les cyclones Cyclone du mot grec kuklos (qui signifie cercle, rond) est un terme générique. En fonction de la localisation géographique, on parle de cyclone, ouragan ou typhon. ou les orages violents. Elles peuvent également être dues à l’effet simultané de plusieurs phénomènes : c’est souvent le cas des submersions marines provoquées par la combinaison d’une forte houle, de coefficients de marée élevés et parfois même d’une onde de tempête.

Toutefois, l’activité humaine aggrave le risque d’inondation. Ainsi, en zone inondable, le développement urbain et économique constitue l’un des principaux facteurs aggravants, par augmentation de la vulnérabilité. De plus, les aménagements (activités, voiries, remembrement agricole, déforestation...) modifient les conditions d’écoulement (imperméabilisation et ruissellement), tout en diminuant les champs d’expansion des crues. Sur les cours d’eau les aménagements (pont, enrochements) et le défaut chronique d’entretien de la part des riverains, aggravent le risque.

L’occupation des zones inondables par des bâtiments et matériaux sensibles à l’eau peut aussi générer, en cas de crue, un transport et un dépôt de produits indésirables, susceptibles de former des barrages Barrage La France compte environ cinq cents barrages, soit moins de 2 % du "parc mondial". appelés embâcles. Leur rupture peut engendrer une inondation brutale des zones situées en aval.

En France, l’aménagement des zones inondables n’a pas toujours été réalisé avec la précaution qui s’imposait et avec le souci du développement durable.

Typologie

  • La montée lente des eaux en région de plaine
    • Les inondations de plaine. La rivière sort de son lit lentement et peut inonder la plaine pendant une période relativement longue.
    • Les inondations par remontée de nappe. Lorsque le sol est saturé d’eau, il arrive que la nappe affleure et qu’une inondation spontanée se produise. Ce phénomène concerne particulièrement les terrains bas ou mal drainés et peut perdurer.
  • La formation rapide de crues torrentielles consécutives à des averses violentes
    • Les crues des rivières torrentielles et des torrents. Lorsque des précipitations intenses tombent sur tout un bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d’eau, d’où des crues brutales et violentes dans les torrents et les rivières torrentielles. Le lit du cours d’eau est en général rapidement colmaté par le dépôt de sédiments et des bois morts peuvent former des barrages, appelés embâcles. Lorsqu’ils viennent à céder, ils libèrent une énorme vague, qui peut être mortelle.
  • Le ruissellement pluvial urbain
    • Les crues rapides des bassins périurbains ( à proximité d’une ville). L’imperméabilisation du sol (bâtiments, voiries, parkings, etc.) limite l’infiltration des pluies et accentue le ruissellement, ce qui occasionne souvent la saturation et le refoulement du réseau d’assainissement des eaux pluviales. Il en résulte des écoulements plus ou moins importants et souvent rapides dans les rues.
  • La submersion marine est une submersion des bords de mer par l’eau de mer. Les tempêtes provoquent des trains de houle qui, s’ils sont dirigés face aux côtes, peuvent déferler et envahir le littoral. Ces fortes vagues touchant la côte sont accentuées à marée haute particulièrement quand le coefficient de marée est plus haut que la moyenne, c’est à dire quand il y a surcote Les surcotes et décotes sont les différences entre la marée prédite et la hauteur d’eau observée. Plus la dépression accompagnant la tempête est creuse plus la surcote sera accentuée. Selon les prévisions, le changement climatique à l’origine de la hausse du niveau de la mer dans les décennies à venir, amplifiera ce phénomène

Exemples historiques d’inondations

En France, les inondations de la dernière décennie et de ce début de siècle montrent à quel point l’ensemble du territoire est vulnérable, qu’il s’agisse des zones urbaines ou rurales.

Très récemment, fin février 2010, la tempête baptisée XYNTHIA a provoqué une submersion marine sur les côtes de Charente-Maritime et de Vendée. L’événement s’est produit au milieu de la nuit, à l’heure où la marée était la plus haute. Les digues censées protéger la côte ont été submergées puis ont cédé sous la pression de l’eau. Deux communes du littoral ont alors été envahies par les eaux qui ont piégés leurs habitants. Une cinquantaine de personnes ont péri noyées.

En 2002, des crues dans le Gard et les départements limitrophes font 23 morts et provoquent 1,2 milliards d’euros de dégâts.

En 1999, des crues dans l’Aude, le Tarn, l’Hérault, les Pyrénées-Orientales et l’Aveyron, font 15 morts et provoquent 533 millions d’euros de dégâts.

Les inondations
Extrait du DVD Face aux risques - CNDP