Qu’est-ce qu’une rupture de barrage ?
Une rupture de barrage correspond à une destruction partielle ou totale de l’ouvrage et entraîne la formation d’une onde de submersion se traduisant par une élévation brutale du niveau de l’eau à l’aval, voire un gigantesque torrent.
Un barrage est un ouvrage établi en travers du lit d’un cours d’eau, retenant ou pouvant retenir l’eau. Il peut être artificiel ou naturel, dans le cas où il résulte de l’accumulation de matériaux à la suite de mouvements de terrain.
Les barrages ont plusieurs fonctions qui peuvent s’associer : régulation de cours d’eau, irrigation des cultures, alimentation en eau des villes, production d’énergie électrique, retenue de rejets de mines ou de chantiers, activité de tourisme et de loisirs, lutte contre les incendies…
Comment se produisent les ruptures de barrage ?
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Les causes de rupture peuvent être diverses :
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Techniques : il peut s’agir de vices de conception, de construction ou de matériaux. Le vieillissement des installations peut en être aussi la cause.
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Naturelles : les séismes, les crues exceptionnelles, les glissements de terrain sont les principaux déclencheurs de rupture.
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Humaines : les insuffisances des études préalables, un mauvais contrôle d’exécution, des erreurs d’exploitation, une surveillance ou un entretien insuffisants, une malveillance sont autant de risques.
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L’onde de submersion ainsi que l’inondation et les matériaux transportés, issus du barrage et de l’érosion intense de la vallée, peuvent occasionner des dommages considérables sur:
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Les hommes : noyade, ensevelissement…
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Les biens : destructions et détériorations aux habitations, aux entreprises, aux ouvrages (ponts, routes…), au bétail, paralysie des services publics
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L’environnement : destruction flore et faune, disparition du sol cultivable, pollutions diverses, boues, débris…
Exemples historiques
Le 6 octobre 2010, en Hongrie, la rupture d'une digue permettant de stocker des résidus dans une raffinerie d’alumine provoque une vague de boue toxique. Le bilan immédiat est quatre morts, 6 disparus et 117 blessés souffrant de brûlures et d’irritations. Le lendemain, la coulée de boue atteint le Danube
En 1959, le barrage de Malpasset, haut de 66 m et situé en amont de Fréjus (Var), cède après la rupture du terrain de fondation sur lequel s’appuyait la voûte, suite à des infiltrations d’eau. On dénombra 421 morts et 155 immeubles furent entièrement détruits. Mille hectares de terres agricoles furent ravagés. Les dégâts ont été estimés à deux milliards de francs.
Textes réglementaires
L’examen préventif des projets de barrages est réalisé par le service de l’État en charge de la police de l’eau et par le Comité technique permanent des barrages (CTPB). Le contrôle concerne toutes les mesures de sûreté prises de la conception à la réalisation du projet.
Les pouvoirs publics s’occupent également de l’organisation des secours. Au niveau départemental, chaque grand barrage, c’est-à-dire de plus de 20 m de hauteur et dont la capacité est supérieure à 15 millions de m3, fait l’objet d’un plan particulier d’intervention (PPI), qui précise les mesures destinées à donner l’alerte aux autorités et aux populations, l’organisation des secours et la mise en place d’évacuation. Ce plan s’appuie sur la carte du risque et sur des dispositifs techniques de surveillance et d’alerte.
Par ailleurs, le préfet a la possibilité de déclencher des
plans généraux d’organisation des secours (plan ORSEC, plan rouge). Au niveau communal, c’est le maire qui, détenteur des pouvoirs de la police, a la charge d’assurer la sécurité de la population dans les conditions fixées par le code général des collectivités territoriales. Il élabore un plan communal de sauvegarde.